Types de tannage : comprendre les différences
Quand elles me rencontrent, certaines personnes ne font pas bien le distinguo entre « maroquinier » et « tanneur » (peut-être à cause d’une certaine marque qui porte le nom de l’un pour l’autre… 🥲).
Mais Jamy, qu’est-ce que c’est que le tannage ?
Bonne question !
Le tannage est l’étape qui transforme une peau périssable en un cuir imputrescible, résistant et durable, notamment à travers des bains d’eau chargés de tanins.
Sans tannage, la peau se dégraderait rapidement. Avec le tannage, elle devient une matière noble et stable, prête à traverser les années.
Et selon les méthodes choisies, cela peut donner naissance à des cuirs très différents.
Parmi les différentes méthodes, l’une des plus anciennes est le tannage végétal.
Ce sont les tanins naturels contenus dans certains végétaux (écorces, feuilles, racines…) qui stabilisent la peau.
Ce procédé est long — de l’ordre du mois — et donne naissance à des cuirs généralement épais, raides et aux coloris plutôt naturels.
L’une des caractéristiques propres à ce type de cuir est la patine : il prend en brillance et sa teinte s’approfondit.
C’est le cuir que je privilégie dans mon travail, car il respecte la nature du cuir, révèle sa beauté singulière et est plus respectueuse de l’environnement.
Face au tannage végétal, il y a le tannage minéral — dit au chrome — inventé il y a environ 150 ans.
Les agents tannants sont issus de la chimie de synthèse et intimement liés à la chimie industrielle, en particulier le sulfate de chrome.
C’est un procédé beaucoup plus rapide — de l’ordre du jour — qui donne des cuirs généralement bien moins chers, souples et dont les finitions peuvent être bien plus fantaisistes.
Ils peuvent être appréciés par le fait que leur aspect n’évoluera que très peu, notamment parce qu’il ne se patine pas.
C’est pour toutes ces raisons qu’il représente 80 % des cuirs tannés au niveau mondial, malgré qu’il soit plus lourd en impact écologique.
Dans mon atelier, je préfère éviter le tannage minéral.
Et il y a également une troisième famille : le tannage mixte.
Il s’agit généralement d’un tannage minéral suivi d’un tannage végétal, dans l’idée de combiner deux avantages issus de ces procédés respectifs : la souplesse et la patine.
Néanmoins, il y a forcément un compromis à faire… Ces caractéristiques s’en retrouvent toutes deux moins poussées que dans le cas d’un tannage pur. Ni aussi souple que le minéral, ni aussi patiné que le végétal, mais un certain équilibre entre les deux.
Il existe aussi d’autres méthodes de tannage, plus rares que celles présentées ces dernières semaines, notamment celles des tannages organiques (à la cervelle, à l’œuf, à l’urine, etc.), mais je ne vais pas vous mentir, je les connais moins…